{"id":324,"date":"2026-05-11T13:02:31","date_gmt":"2026-05-11T17:02:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/?p=324"},"modified":"2026-05-11T13:07:24","modified_gmt":"2026-05-11T17:07:24","slug":"dominique-guadeloupe-batir-une-securite-energetique-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/index.php\/2026\/05\/11\/dominique-guadeloupe-batir-une-securite-energetique-commune\/","title":{"rendered":"Dominique\u2013Guadeloupe : b\u00e2tir une s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique commune"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La r\u00e9cente venue en Guadeloupe du Premier ministre de la Dominique, Roosevelt Skerrit, dans le cadre de la coop\u00e9ration s\u00e9curitaire franco-dominiquaise, rappelle une \u00e9vidence que nos territoires ont parfois trop longtemps trait\u00e9e comme une simple question de voisinage : la Dominique et la Guadeloupe partagent plus qu\u2019un canal maritime. Elles partagent des vuln\u00e9rabilit\u00e9s, des flux, des risques, des interd\u00e9pendances humaines, \u00e9conomiques, environnementales et strat\u00e9giques. Cette rencontre visait notamment \u00e0 renforcer la coop\u00e9ration judiciaire, civile et s\u00e9curitaire entre les deux \u00eeles.&nbsp; Mais il est temps d\u2019\u00e9largir la notion m\u00eame de s\u00e9curit\u00e9. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la s\u00e9curit\u00e9 polici\u00e8re, judiciaire et civile, une autre s\u00e9curit\u00e9 devient centrale pour l\u2019avenir de la Cara\u00efbe orientale : la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et environnementale.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans des territoires insulaires soumis \u00e0 la volatilit\u00e9 des march\u00e9s mondiaux, \u00e0 la d\u00e9pendance aux hydrocarbures import\u00e9s, aux ouragans, aux risques sismiques et volcaniques, l\u2019\u00e9nergie n\u2019est plus seulement une question technique. Elle devient une question de souverainet\u00e9, de r\u00e9silience, de comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique et de&nbsp;<strong>stabilit\u00e9 r\u00e9gionale.<\/strong>&nbsp;C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que la Dominique et la Guadeloupe ont une carte strat\u00e9gique majeure \u00e0 jouer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette coop\u00e9ration n\u2019est pas une id\u00e9e neuve. Elle a d\u00e9j\u00e0 une histoire. Les travaux men\u00e9s dans le cadre des programmes Interreg, notamment autour de \u201cG\u00e9othermie Cara\u00efbe\u201d, avaient d\u00e9j\u00e0 permis de poser les bases d\u2019une r\u00e9flexion ambitieuse sur le potentiel g\u00e9othermique de la Dominique, l\u2019exp\u00e9rience de Bouillante en Guadeloupe, et l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une interconnexion \u00e9lectrique sous-marine avec les Antilles fran\u00e7aises. L\u2019AFD rappelle \u00e9galement que, d\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9tudes, le potentiel de la Roseau Valley et la faisabilit\u00e9 d\u2019une liaison sous-marine avec la Guadeloupe et la Martinique avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vraie question n\u2019est donc pas de savoir s\u2019il faut commencer \u00e0 coop\u00e9rer. La vraie question est de savoir comment transformer un ant\u00e9c\u00e9dent de coop\u00e9ration en architecture strat\u00e9gique durable.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La g\u00e9othermie comme deuxi\u00e8me pilier d\u2019une coop\u00e9ration Dominique\u2013Guadeloupe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Guadeloupe dispose, avec Bouillante, d\u2019une exp\u00e9rience rare dans la Cara\u00efbe : celle d\u2019un territoire ayant d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9 la g\u00e9othermie dans son mix \u00e9nerg\u00e9tique. La Dominique, de son c\u00f4t\u00e9, arrive \u00e0 un moment d\u00e9cisif. Son projet de centrale g\u00e9othermique de 10 MW \u00e0 Laudat, dans la Roseau Valley, est entr\u00e9 en phase avanc\u00e9e de mise en service apr\u00e8s plus de quinze ann\u00e9es d\u2019exploration, de forages, de structuration institutionnelle, de financements et de r\u00e9silience face aux chocs climatiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce d\u00e9lai long est en lui-m\u00eame une le\u00e7on strat\u00e9gique: La g\u00e9othermie n\u2019est pas une \u00e9nergie de communication. Ce n\u2019est pas une \u00e9nergie d\u2019annonce. C\u2019est une \u00e9nergie de patience, de profondeur, de rigueur technique, de gouvernance et de confiance institutionnelle. Elle exige des forages co\u00fbteux, des expertises rares, des garanties financi\u00e8res, des cadres juridiques solides, des communaut\u00e9s inform\u00e9es, des r\u00e9seaux \u00e9lectriques adapt\u00e9s et une capacit\u00e9 politique \u00e0 maintenir le cap sur plusieurs mandats. C\u2019est pourquoi l\u2019exp\u00e9rience dominiquaise est pr\u00e9cieuse pour toute la r\u00e9gion. Elle montre \u00e0 la fois les promesses et les difficult\u00e9s d\u2019une transition \u00e9nerg\u00e9tique s\u00e9rieuse dans un petit \u00c9tat insulaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le ministre dominiquais de l&#8217;\u00e9nergie Vince Henderson l\u2019a dit tr\u00e8s clairement lors d\u2019une table ronde de l\u2019IRENA : les petits \u00c9tats insulaires ne doivent pas se lancer seuls dans la g\u00e9othermie ; ils ont besoin de partenaires solides, d\u2019appuis techniques, de financements concessionnels, de cadres r\u00e9glementaires et de bonnes \u00e9quipes locales et internationales.\u00a0 Cette lucidit\u00e9 est fondamentale. Elle permet de sortir d\u2019une vision na\u00efve du d\u00e9veloppement \u00e9nerg\u00e9tique. La g\u00e9othermie peut transformer nos \u00e9conomies, mais elle ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Elle se construit. Elle se n\u00e9gocie. Elle se gouverne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>S\u2019appuyer sur les expertises locales, sans se couper des partenaires internationaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un des enjeux majeurs pour la Dominique, la Guadeloupe et plus largement la Cara\u00efbe orientale est de ne pas confondre partenariat international et d\u00e9possession strat\u00e9gique. Les partenaires internationaux sont indispensables. L\u2019AFD, l\u2019Union europ\u00e9enne, la Banque mondiale, la Banque carib\u00e9enne de d\u00e9veloppement, l\u2019IDB, le Green Climate Fund, Ormat, les expertises islandaises comme \u00cdSOR, ou encore les comp\u00e9tences techniques mobilis\u00e9es autour des forages et de l\u2019exploitation ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la trajectoire dominiquaise. L\u2019AFD indique accompagner la fili\u00e8re g\u00e9othermique en Dominique depuis 2007, avec des financements et une assistance technique, tandis que le montage plus r\u00e9cent du projet de 10 MW a mobilis\u00e9 une architecture financi\u00e8re r\u00e9gionale et internationale importante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais les projets \u00e9nerg\u00e9tiques ne peuvent r\u00e9ussir durablement que si les territoires conservent une capacit\u00e9 locale de pilotage. La Cara\u00efbe ne doit pas seulement \u00eatre le lieu o\u00f9 l\u2019on vient exp\u00e9rimenter des solutions \u00e9nerg\u00e9tiques. Elle doit devenir le lieu o\u00f9 se fabriquent les comp\u00e9tences, les arbitrages, les cadres de gouvernance et les doctrines de coop\u00e9ration adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s insulaires. Cela suppose de mobiliser les ing\u00e9nieurs, juristes, \u00e9lus, cadres publics, op\u00e9rateurs \u00e9conomiques, universitaires, experts environnementaux et sp\u00e9cialistes des risques pr\u00e9sents dans nos territoires. Cela suppose aussi de cr\u00e9er des espaces de dialogue structur\u00e9s entre expertise locale et expertise internationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La bonne strat\u00e9gie n\u2019est ni le repli localiste ni la d\u00e9pendance ext\u00e9rieure. La bonne strat\u00e9gie est celle d\u2019une&nbsp;<strong>souverainet\u00e9 partenariale<\/strong>&nbsp;: savoir attirer les meilleurs partenaires techniques et financiers, tout en renfor\u00e7ant les capacit\u00e9s locales \u00e0 d\u00e9cider, n\u00e9gocier, superviser et arbitrer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Faire du corridor Dominique\u2013Guadeloupe un laboratoire \u00e9nerg\u00e9tique r\u00e9gional<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mer entre la Dominique et la Guadeloupe ne doit pas \u00eatre pens\u00e9e comme une s\u00e9paration. Elle peut devenir une infrastructure relationnelle. C\u2019est tout le sens d\u2019une approche archip\u00e9lique de la coop\u00e9ration. Nos \u00eeles ne sont pas seulement des territoires isol\u00e9s. Elles sont des points d\u2019un m\u00eame syst\u00e8me de relations, de mobilit\u00e9s, de risques et d\u2019opportunit\u00e9s. Dans cette perspective, l\u2019id\u00e9e d\u2019un corridor \u00e9nerg\u00e9tique Dominique\u2013Guadeloupe m\u00e9rite d\u2019\u00eatre remise au centre du d\u00e9bat strat\u00e9gique. Ce corridor pourrait reposer sur plusieurs axes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019abord, la relance s\u00e9rieuse de la r\u00e9flexion sur l\u2019interconnexion \u00e9lectrique sous-marine entre la Dominique, la Guadeloupe et \u00e9ventuellement la Martinique. Cette id\u00e9e a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e dans les travaux ant\u00e9rieurs soutenus par l\u2019AFD et les programmes europ\u00e9ens. Elle ne doit pas \u00eatre trait\u00e9e comme un vieux dossier, mais comme une hypoth\u00e8se strat\u00e9gique \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer \u00e0 la lumi\u00e8re des avanc\u00e9es r\u00e9centes de la centrale dominiquaise, des besoins guadeloup\u00e9ens et des nouvelles exigences de transition \u00e9nerg\u00e9tique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, la cr\u00e9ation d\u2019un Conseil Dominique\u2013Guadeloupe sur l\u2019\u00e9nergie, la r\u00e9silience et les infrastructures critiques. Ce conseil pourrait r\u00e9unir r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9cideurs politiques, op\u00e9rateurs \u00e9nerg\u00e9tiques, r\u00e9gulateurs, experts des risques, repr\u00e9sentants des collectivit\u00e9s, universitaires et partenaires techniques. Enfin, la mise en place d\u2019un programme de formation crois\u00e9e entre la Dominique et la Guadeloupe, destin\u00e9 aux \u00e9lus, cadres publics, techniciens, ing\u00e9nieurs, juristes et acteurs \u00e9conomiques impliqu\u00e9s dans les grands projets \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne s\u2019agit pas seulement de produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Il s\u2019agit de produire de la comp\u00e9tence r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Harmoniser les cadres r\u00e9glementaires : le chantier strat\u00e9gique invisible<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9ussite d\u2019une coop\u00e9ration \u00e9nerg\u00e9tique approfondie entre la Dominique et la Guadeloupe ne d\u00e9pendra pas uniquement des infrastructures ou des financements. Elle reposera aussi sur un chantier beaucoup moins visible, mais absolument d\u00e9terminant : l\u2019harmonisation r\u00e9glementaire et juridique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Dominique rel\u00e8ve d\u2019un syst\u00e8me de common law et des cadres institutionnels de l\u2019OECS. La Guadeloupe, elle, \u00e9volue dans le cadre du droit fran\u00e7ais et du droit europ\u00e9en. Cette diff\u00e9rence peut \u00eatre per\u00e7ue comme une contrainte. Elle peut aussi devenir un laboratoire carib\u00e9en d\u2019articulation entre plusieurs syst\u00e8mes juridiques. Car une coop\u00e9ration \u00e9nerg\u00e9tique transfrontali\u00e8re mobiliserait des questions complexes :<br>r\u00e9gulation \u00e9nerg\u00e9tique, droit de l\u2019environnement, march\u00e9s publics, fiscalit\u00e9, droit maritime, assurances, responsabilit\u00e9 en cas d\u2019incident, cybers\u00e9curit\u00e9, protection des donn\u00e9es, s\u00e9curit\u00e9 des infrastructures critiques, conditions de financement, garanties publiques, contrats d\u2019achat d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, m\u00e9canismes de r\u00e9solution des diff\u00e9rends.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une interconnexion \u00e9lectrique sous-marine, ces enjeux deviendraient encore plus sensibles. Quel droit s\u2019appliquerait aux infrastructures ? Quels m\u00e9canismes d\u2019arbitrage pr\u00e9voir ? Comment s\u00e9curiser les investissements ? Comment articuler droit europ\u00e9en, droit fran\u00e7ais, droit dominiquais, normes OECS et standards internationaux ? Comment pr\u00e9venir les blocages administratifs ou contractuels ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est ici que la coop\u00e9ration Dominique\u2013Guadeloupe pourrait prendre une dimension v\u00e9ritablement innovante. Il faudrait former une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de professionnels capables de travailler \u00e0 l\u2019interface du droit, de l\u2019\u00e9nergie, de la coop\u00e9ration r\u00e9gionale et du financement de projets. Des juristes, mais aussi des \u00e9lus et des hauts cadres, capables de comprendre les logiques d\u2019arbitrage, de n\u00e9gociation contractuelle et de gouvernance r\u00e9glementaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Cara\u00efbe a trop souvent import\u00e9 des mod\u00e8les juridiques et techniques con\u00e7us ailleurs. Il ne s\u2019agit pas de rejeter ces mod\u00e8les, mais de les adapter, de les n\u00e9gocier et de les ma\u00eetriser. L\u2019harmonisation r\u00e9glementaire n\u2019est pas un d\u00e9tail administratif. C\u2019est une condition de souverainet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>S\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, s\u00e9curit\u00e9 environnementale, s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La g\u00e9othermie doit aussi \u00eatre pens\u00e9e dans une logique de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9largie. Une centrale \u00e9lectrique, un c\u00e2ble sous-marin, un r\u00e9seau de transmission ou un site de forage sont des infrastructures critiques. Ils doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre les risques naturels, les cyberattaques, les accidents industriels, les actes de malveillance et les ruptures d\u2019approvisionnement. Dans une r\u00e9gion expos\u00e9e aux ouragans, aux s\u00e9ismes et aux risques volcaniques, la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la s\u00e9curit\u00e9 environnementale sont indissociables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pourquoi la coop\u00e9ration Dominique\u2013Guadeloupe pourrait inclure :<br>des protocoles communs de gestion de crise, des exercices conjoints, des formations sur la cybers\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, des \u00e9changes entre services de protection civile, des cartographies partag\u00e9es des risques, des dispositifs d\u2019alerte et des sc\u00e9narios de continuit\u00e9 d\u2019activit\u00e9. Cela permettrait de prolonger naturellement la coop\u00e9ration s\u00e9curitaire d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e entre les deux territoires vers une vision plus compl\u00e8te de la r\u00e9silience. La s\u00e9curit\u00e9 du XXIe si\u00e8cle ne se limite plus aux fronti\u00e8res, aux ports, aux tribunaux ou aux forces de l\u2019ordre. Elle inclut l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie, les donn\u00e9es, les r\u00e9seaux, les routes, les c\u00e2bles, les sols, les communaut\u00e9s et les \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Faire de la g\u00e9othermie un levier de doing business carib\u00e9en<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La g\u00e9othermie ne doit pas \u00eatre pens\u00e9e uniquement comme un dossier public. Elle peut aussi devenir un levier de d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Si elle est bien gouvern\u00e9e, elle peut contribuer \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts de production, attirer de nouveaux investissements, soutenir l\u2019agro-transformation, renforcer l\u2019industrie touristique, favoriser l\u2019\u00e9mergence de services techniques sp\u00e9cialis\u00e9s et cr\u00e9er des emplois qualifi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Banque carib\u00e9enne de d\u00e9veloppement a d\u2019ailleurs pr\u00e9sent\u00e9 le projet dominiquais comme une op\u00e9ration r\u00e9gionale importante, mobilisant des financements concessionnels et un partenariat priv\u00e9 autour d\u2019Ormat Technologies. Le projet doit permettre \u00e0 la Dominique de r\u00e9duire sa d\u00e9pendance au diesel et de renforcer son autonomie \u00e9nerg\u00e9tique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais pour que le doing business fonctionne, il faut plus que de l\u2019\u00e9nergie moins ch\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut de la visibilit\u00e9 r\u00e9glementaire.<br>Il faut de la s\u00e9curit\u00e9 contractuelle.<br>Il faut de la confiance institutionnelle.<br>Il faut des comp\u00e9tences locales.<br>Il faut des proc\u00e9dures lisibles.<br>Il faut une diplomatie \u00e9conomique active.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>C\u2019est pourquoi l\u2019enjeu g\u00e9othermique est aussi un enjeu de climat des affaires.<\/strong>&nbsp;La Dominique et la Guadeloupe pourraient attirer autour de ce corridor \u00e9nerg\u00e9tique des entreprises sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019ing\u00e9nierie, la maintenance, la formation, la gestion des risques, le droit de l\u2019\u00e9nergie, la finance climat, les technologies propres et la cybers\u00e9curit\u00e9. La coop\u00e9ration \u00e9nerg\u00e9tique peut donc devenir un outil de transformation \u00e9conomique, et non seulement un projet d\u2019infrastructure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>De l\u2019ant\u00e9c\u00e9dent Interreg \u00e0 une nouvelle doctrine de coop\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les programmes Interreg ont eu le m\u00e9rite d\u2019ouvrir la voie. Ils ont permis de financer des \u00e9tudes, d\u2019identifier des potentiels, de structurer des premiers partenariats, de faire dialoguer la Guadeloupe, la Martinique, la Dominique, l\u2019AFD, l\u2019ADEME, le BRGM, la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts, les institutions europ\u00e9ennes et d\u2019autres acteurs techniques. Mais nous sommes aujourd\u2019hui \u00e0 un autre moment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La centrale dominiquaise n\u2019est plus une hypoth\u00e8se lointaine. Elle entre dans la r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Les enjeux de s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9gionale reviennent au centre du dialogue politique. Les co\u00fbts de l\u2019\u00e9nergie continuent de peser sur nos \u00e9conomies. Les catastrophes naturelles rappellent r\u00e9guli\u00e8rement la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de nos infrastructures. Les petits \u00c9tats insulaires cherchent des mod\u00e8les de r\u00e9silience cr\u00e9dibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est donc maintenant qu\u2019il faut passer d\u2019une coop\u00e9ration de projet \u00e0 une coop\u00e9ration de doctrine. Une doctrine Dominique\u2013Guadeloupe de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et environnementale pourrait reposer sur cinq principes :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Premi\u00e8rement, reconna\u00eetre que l\u2019\u00e9nergie est une infrastructure strat\u00e9gique r\u00e9gionale.<\/li>\n\n\n\n<li>Deuxi\u00e8mement, renforcer les capacit\u00e9s locales de gouvernance, de n\u00e9gociation et de supervision.<\/li>\n\n\n\n<li>Troisi\u00e8mement, articuler expertise locale et partenaires internationaux dans une logique de souverainet\u00e9 partenariale.<\/li>\n\n\n\n<li>Quatri\u00e8mement, harmoniser progressivement les cadres r\u00e9glementaires n\u00e9cessaires aux projets transfrontaliers.<\/li>\n\n\n\n<li>Cinqui\u00e8mement, int\u00e9grer syst\u00e9matiquement la s\u00e9curit\u00e9, la r\u00e9silience climatique et la protection des infrastructures critiques dans toute coop\u00e9ration \u00e9nerg\u00e9tique.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Penser plus grand que nos fronti\u00e8res<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Dominique et la Guadeloupe ont d\u00e9j\u00e0 une histoire commune de coop\u00e9ration. Elles ont des proximit\u00e9s humaines, culturelles, g\u00e9ographiques et strat\u00e9giques. Elles ont aussi des int\u00e9r\u00eats communs dans un monde o\u00f9 les petites \u00e9conomies insulaires ne peuvent plus se permettre de penser seules les grands enjeux de souverainet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La visite du Premier ministre Roosevelt Skerrit en Guadeloupe sur les questions s\u00e9curitaires ouvre une fen\u00eatre politique. Il faut la saisir pour \u00e9largir le champ de la discussion. Oui, il faut parler de s\u00e9curit\u00e9 judiciaire, civile et transfrontali\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais il faut aussi parler de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.<br>De s\u00e9curit\u00e9 environnementale.<br>De s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique.<br>De s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9glementaire.<br>De s\u00e9curit\u00e9 des infrastructures critiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La g\u00e9othermie peut devenir l\u2019un des grands chantiers strat\u00e9giques de cette nouvelle \u00e9tape. Non pas comme une simple ressource naturelle \u00e0 exploiter, mais comme le socle d\u2019une coop\u00e9ration r\u00e9gionale plus mature, plus technique, plus ambitieuse et plus souveraine. La Cara\u00efbe orientale n\u2019a pas seulement besoin de projets. Elle a besoin d\u2019architectures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et peut-\u00eatre que l\u2019un des premiers laboratoires de cette nouvelle architecture se trouve pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 : entre la Dominique et la Guadeloupe, dans cet espace maritime que nous devrions cesser de voir comme une s\u00e9paration, pour enfin le penser comme une route, un lien, une infrastructure d\u2019avenir.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1600\" height=\"1066\" src=\"https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png.webp\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png.webp 1600w, https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png-300x200.webp 300w, https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png-1024x682.webp 1024w, https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png-768x512.webp 768w, https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png-1536x1023.webp 1536w, https:\/\/www.caribbeanpolicylab.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Geothermal-PowerPlant-81-of-82.png-600x400.webp 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/><\/figure>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9cente venue en Guadeloupe du Premier ministre de la Dominique, Roosevelt Skerrit, dans le cadre de la coop\u00e9ration s\u00e9curitaire franco-dominiquaise, rappelle une \u00e9vidence que nos territoires ont parfois trop longtemps trait\u00e9e comme une simple question de voisinage : la Dominique et la Guadeloupe partagent plus qu\u2019un canal maritime. 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